FAQ

Les questions ci-dessous donnent un aperçu de la disponibilité des services WASH dans les établissements de soins et de mesures suggérées pour améliorer les services dans les pays à revenus faibles ou intermédiaires. Il est basé sur l'examen global, multi-pays de l'OMS et de l'UNICEF; Water, sanitation and hygiene in health care facilities: status in low and middle income countries and way forward (WHO, 2015).

Il y a des avantages à coordonner WASH avec les initiatives de santé existantes, notamment en attirant davantage l'attention sur les conditions inadéquates, en développant des programmes de formation conjoints pour le personnel soignant, partir d'éléments WASH existants dans les plans de contrôle de la prévention des infections et en effectuant un suivi des progrès. Des exemples de telles initiatives mondiales de santé comprennent le Plan d'action mondial pour l'éradication de la pneumonie et de la diarrhée chez les petits enfants (GAPPD, Global Action Plan to Eliminate Childhood Pneumonia and Diarrhoea), le groupe de travail mondial de lutte contre le choléra (Global Task Force on Cholera Control), l'énergie pour la santé de la femme et des enfants (Energy for Women’s and Children’s Health) et soins propres = soins plus sûrs (Clean Care is Safer Care).

Développer des mécanismes pour vérifier la conformité avec les normes nationales, y compris le fonctionnement et l'entretien des installations d'eau et d'assainissement et la pratique correcte des procédures de lavage des mains, aideront à veiller à ce que les améliorations soient maintenues. Ces efforts peuvent impliquer l'accréditation des installations, avec WASH servant d'indicateur important que l'on est en mesure de fournir des soins de qualité.

La formation et une dotation en personnel suffisante sont essentiels à l'amélioration et au maintien de services WASH dans les établissements de soins et d'assurer que les plans de gestion des risques sont mis en œuvre. La formation devrait permettre aux individus d'exploiter et d'entretenir les services essentiels ainsi que de permettre au personnel et aux patients d'utiliser les services WASH correctement.

Les normes nationales, les objectifs, les mécanismes d'affectation des ressources humaines et financières constituent la base pour l'amélioration et la gestion des services WASH au niveau des établissements médicaux. De telles améliorations bénéficieraient d'évaluations exhaustives des risques au niveau des établissements de soins, en utilisant des approches similaires à celles utilisées pour les plans de sécurité de l'eau. L'approche du plan de sécurité de l'eau nécessite l'identification des dangers et des risques associés dans l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement en eau. L'assainissement, les mesures d'hygiène et de gestion des déchets issus d'activités de soins sont également des éléments importants à inclure dans les plans de gestion des risques. Des efforts supplémentaires sont nécessaires pour développer des outils d'évaluation appropriés des risques qui soient liés aux plans de contrôle et de prévention d'infections des établissements médicaux et garanti par des ressources financières et humaines afin d'assurer que les besoins identifiés puissent être pris en compte.

La voie à suivre nécessite un certain nombre d'actions: renforcement des politiques et des normes nationales, l'harmonisation et l'expansion de la surveillance, d'assurer le financement et un personnel qualifié suffisant pour gérer WASH au sein des établissements de soins ainsi que de fournir des outils pour établir les priorités et maintenir les améliorations. Réaliser des améliorations au niveau WASH dans les établissements médicaux nécessitera l'engagement des partenaires des domaines de la santé et de l'environnement à tous les niveaux: local, national et mondial. Les discussions initiales indiquent qu'un tel engagement existe et l'OMS ainsi que l'UNICEF chercheront, avec des partenaires, à exploiter cette énergie au travers d'un plan d'action global.

L'existence et la mise en oeuvre d'objectifs et de plans nationaux relatifs à WASH dans les établissements de soins est une méthode pour parvenir à une proportion plus élevée d'installations avec des services WASH adéquats. En analysant les objectifs, politiques et la couverture pour l'eau dans un sous-ensemble de 18 pays d'Afrique subsaharienne, les pays pour lesquels il y a un objectif et un plan national chiffré et régulièrement examiné (Burkina Faso, Sénégal et Zimbabwe) la couverture en eau dans les établissements de santé est élevé (87% ou plus). Ceci est nettement supérieur à la moyenne africaine de 58%. Cela donne à penser que l'existence d'objectifs nationaux et de plans nationaux WASH dans les établissements médicaux peut être associée à une proportion plus élevée de structures desservies avec de l'eau. A l'inverse, les pays sans plan national ont les taux d'établissements de soins avec un accès à l'eau les plus bas.

Le rapport 2014 de l'ONU-Eau, Analyse et évaluation globale de l'assainissement et de l'eau potable (GLAAS) dirigé par l'OMS, a montré que dans les 86 pays qui ont répondu, seul un quart avait un plan pour l'assainissement dans les établissements de soins de santé qui soit mis en œuvre avec un financement et un examen régulier (OMS, 2014). La proportion de pays avec des plans pour l'eau potable et l'hygiène est encore plus faible.

Des objectifs pour la couverture WASH de base dans les établissements de soins font également défaut. Plus de la moitié (52%) des pays (n = 94) qui ont répondu à cette question dans GLAAS ne disposent pas d'objectifs en matière d'hygiène dans les établissements médicaux et plus d'un tiers des pays ne disposent pas d'objectifs pour l'assainissement (35%) ou l'eau (44%). Ces chiffres indiquent que l'élaboration de politiques et la planification sont inadéquats pour WASH dans les établissements de soins.

Le document de l'OMS "Normes essentielles en matière de santé environnementale dans les structures de soins" fourni des informations précieuses pour les milieux à faibles ressources (OMS, 2008). Il décrit également des méthodes pour soutenir le développement et la mise en œuvre de politiques gouvernementales nationales. Les normes couvrent: la qualité de l'eau, la quantité d'eau, les installations et l'accès à l'eau, l'élimination des excréments, le traitement et l'élimination des eaux usées, l'élimination des déchets issus des activités de soins ainsi que d'autres questions environnementales.

Il existe de grandes variations dans les services WASH fourni au sein des établissements médicaux dans les pays, par contexte et par type d'établissement. Les petites structures dans les zones rurales ont proportionnellement moins de services WASH par rapport aux grands établissements (comme les hôpitaux) dans les zones urbaines. Les grandes structures sont plus susceptibles d'avoir des services WASH en rapport avec leurs besoins par rapport aux petits établissements. Cependant, avant de pouvoir tirer des conclusions générale, il faudrait plus de données au niveau des pays.

Les estimations de WASH dans les établissements de soins doivent être interprétées avec prudence: la situation est susceptible d'être sensiblement moins bonne. Les données disponibles ne font pas de distinction entre les établissements qui ont des resources sur place et ceux qui ont accès à des sources communautaires à moins de 500 mètres. En outre, la plupart des données ne tiennent pas compte de la fiabilité, de la quantité ou de la sécurité de l'approvisionnement ni de la fonctionnalité des services d'assainissement. L'utilisation de normes WASH plus rigoureuses se traduit par une baisse significative des taux de couverture. Cela donne à penser, qu'il y a des obstacles majeurs à la conduite d'actes médicaux les plus élémentaires d'une manière sûre et digne.

De façon générale, il y a un manque de données accessibles au public, et les données existantes n'utilisent pas des indicateurs cohérents pour WASH, ce qui rend difficile la comparaison de données provenant de différentes sources. Les données étaient disponibles dans 54, 36 et 35 pays à faibles ressources pour l'eau, l'assainissement et l'hygiène, respectivement. Les pays d'Afrique sont les plus représentés (n = 23), tandis que ceux d'Asie sont les moins représentés. Le manque de données est un obstacle à une meilleure compréhension des besoins et au fait de pouvoir y répondre.

Les trois enquêtes les plus communes pour les établissement de soins sont le "Service Availability and Readiness Assessment" (SARA), le "Service Delivery Indicator survey" (SDI) et le "Service Provision Assessment" (SPA); ce sont souvent des enquêtes représentatives au niveau national qui sont dirigées par des organisations internationales. Les définitions spécifiques associés aux indicateurs sur l'eau et l'assainissement, et la façon dont ces indicateurs sont mesurés, varient entre les enquêtes. En outre, les indicateurs utilisés sont souvent en deçà des normes minimales de l'OMS. Cependant, SARA est en train de mettre à jour ses indicateurs pour refléter les normes de l'OMS et tous les trois travaillent à harmoniser leurs définitions de WASH.

À l'échelle mondiale, la fourniture de services WASH dans les établissements de soins est faible, et les niveaux de service actuels sont sensiblement inférieurs à la couverture requise de 100%. Des 54 pays représentés dans ce rapport, 38% des établissements médicaux ne donnent pas accès aux utilisateurs à une source d'eau potable, 19% ne fournissent pas d'assainissement amélioré, et 35% pas de savon pour le lavage des mains. L'approvisionnement en eau était la plus faible dans la région africaine, avec 42% de tous les établissements de soins qui manquent d'une source d'eau potable sur place ou à proximité. En comparaison, la fourniture de l'assainissement est la plus faible dans les Amériques, avec 43% des établissements de soins qui manquent de tels services. Certaines régions ont très peu de pays étudiés et il est donc difficile de fournir un résumé de l'accès à WASH.

Les infections nosocomiales touchent des centaines de millions de patients chaque année, avec une estimation de 15% des patients qui développeraient une ou plusieurs infections lors d'un séjour à l'hôpital (Allegranzi et al., 2011). Parmi les nouveau-nés, la septicémie et d'autres infections graves provoqueraient quelques 430'000 décès par an. Les risques associés à la septicémie sont 34 fois plus élevés dans les milieux à faibles ressources (Oza et al., 2015). Le manque d'accès à l'eau et à l'assainissement dans les établissements médicaux peut dissuader les femmes de donner naissance dans ces structures ou entraîner des retards dans la recherche de soins (Velleman et al., 2014). A l'inverse, l'amélioration des conditions WASH peuvent aider à établir la confiance dans les services de santé et encourager les mères à demander des soins prénatals et à accoucher dans les établissements de soins plutôt qu'à la maison - des éléments importants de la stratégie visant à réduire la mortalité maternelle (Russo et al., 2012).

Les déchets issus d'activités de soins (DAS) correspondent à tous les déchets produits dans les établissements hôspitaliers liés à des procédures médicales et comprennent des éléments potentiellement infectieux tels que des seringues usagées, des bandages et des équipements de protection individuelle (OMS, 2014). Les DAS ne sont pas un objectif du rapport, ni inclus dans la définition de WASH, mais il sont un élément essentiel de la prévention et du contrôle des infections.

Les services WASH pourvoient à la disponibilité d'une eau de qualité, à la présence d'installations sanitaires et la disponibilité de savon et d'eau pour le lavage des mains. De l'eau potable, l'assainissement et l'hygiène sont des éléments essentiels de la prestation de services de santé de base. La fourniture de WASH dans les établissements de soins sert à prévenir les infections et la propagation des maladies, à protéger le personnel et les patients ainsi qu'au respect de la dignité des populations vulnérables, notamment les femmes enceintes et les personnes handicapées. De nombreux établissements médicaux dans les milieux aux ressources limitées n'ont pas de services WASH, ce qui compromet gravement la capacité de fournir des soins sûrs, centrés sur les personnes et représentent des risques graves pour la santé à la fois du personnel soignant et des patients.